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Jean-Claude PUERTO, président de l’ADI, répond à Jean-Pierre Boisivon, administrateur du groupe Inseec

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14/02/2019

(email d'origine disponible en pièce jointe à la fin de cette réponse)


Mon cher Jean-Pierre,

Je te remercie pour ton mail. Il a le mérite de poser les termes du débat et de faire apparaître nos divergences. Il sera publié comme tu le souhaites avec ma réponse.

Tu portes le point de vue de l’actionnaire,

Nous défendons le patrimoine des Alumni et la valeur de leur diplôme. Diplôme que nous avons acquis grâce à nos efforts, ceux de nos familles, de générations de professeurs et de personnels administratifs et n’entendons pas du tout nous désintéresser du processus de vente en cours.

En apprenant que l’école était à vendre près d’un milliard d’euros, nous avons compris que les intérêts de l’actionnaire et ceux des Alumni s’étaient désalignés.

  • Baisse dans les classements* malgré une augmentation des frais de scolarité** pour les uns,
  • Enorme rentabilité pour les autres.

Si la performance financière devait être alignée sur le succès éducatif, elle ne nous dérangerait pas, mais il est manifeste que la part des frais de scolarité consacrée à l’actionnaire (résultats globaux et pas seulement dividendes) en comparaison des dépenses académiques est disproportionnée.

Comment expliquer autrement un prix de vente de 45ke par étudiant en 2019 pour un prix 3 fois inférieur 5 ans plus tôt ?

Nous sommes bien sûr conscients que le recours à une dette d’acquisition impacte le raisonnement mais que se passera-t-il pour l’école quand/si les taux d’intérêts augmentent ? Qui payera ? En repoussant à chaque nouvel investisseur la question du remboursement d’une dette qui ne fait que s’amplifier à chaque changement d’actionnaire, on condamne à terme l’école qui ne pourra augmenter indéfiniment les frais de scolarité pour permettre le remboursement de cette dette.

En faisant l’hypothèse que l’acquéreur ne sera pas philanthrope, pour rentabiliser son investissement en maintenant un rendement comparable, il devra valoriser l’étudiant 100 ke dans 5 ans.

Ceci entrainera mécaniquement une augmentation des frais de scolarité et/ou une dégradation des moyens académiques.
  • La pression financière sur les familles sera accentuée
  • L’endettement des étudiants augmentera
  • La barrière sociale deviendra infranchissable, la qualité des candidatures passant nécessairement au second plan.
  • Les équipes éducatives verront leurs moyens diminuer.

Avec une image de l’école qui se dégradera dans les classements comme auprès des entreprises, impactant à la baisse les salaires de sortie.

Nous alertons la présidente du Groupe, Catherine Lespine, depuis les premières rumeurs de vente. Seul un actionnaire de long terme, dont les rendements financiers attendus seront raisonnables, sera compatible avec l’intérêt des Alumni. Il est temps que notre voix soit entendue pour assurer la pérennité de l’école et de son projet éducatif que nous soutenons.

Bien cordialement,
Jean-Claude PUERTO
Président de l’Association des Diplômés de l’Inseec



*Avant le rachat par APAX Inseec se place entre la 15e et la 18e place, depuis entre la 27e et 33e Le Figaro

 ** Inseec 16 e place sur 31 dans les études comparatives entre les grandes écoles pour les frais de scolarité.  


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